Les jardins de la Cassine

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Les terres de La Cassine sont en fermage depuis le XIV ème siècle, ce qui explique leur belle fertilité. Vers le milieu des années 1800, premier bouleversement majeur pour ce quartier paisible : la décision de construction d’une voie ferrée par une compagnie ferroviaire privée. La Ville accepte l’implantation de la gare à La Cassine pour et à condition de préserver l’avenue de La Boisse.

Des architectes paysagistes sont mandatés par les propriétaires des terres et par les habitants qui se mobilisent pour recenser et faire valoir la valeur intrinsèque des plantations de ce site menacé de destruction :
* la richesse et la diversité des essences végétales
* les nombreuses sources
* la nature et l’ampleur des cultures maraîchères qui sont vendues sur le marché de Chambéry pour l’alimentation des citadins

Rien n’y a fait ! La famille Perroux, encore présente aujourd’hui, faisait partie des fermiers expropriés d’une grande partie de terres.

A l’aube du XXème siècle, malgré ces pertes de terres, la vie du quartier continue.

Les habitants du quartier veulent eux aussi profiter du progrès qui se met en marche à Chambéry. Mais leurs demandes sont trop souvent non suivies d’effets : ils peinent à obtenir enfin des réverbères à gaz. L’aménagement de l’eau ne vient pas, ils sont réduits à traverser à pieds les voies ferrées pour rejoindre le centre ville, car la passerelle piétonne promise n’est jamais arrivée. On aurait pu penser que le développement du chemin de fer allait, en compensation de la perte des terres, apporter une nouvelle qualité de vie. Pas du tout : La voie ferrée les a isolé. En 1970, la construction de la voie express les coupera définitivement du reste de la ville

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Les projets d’urbanisme d’aujourd’hui destinent ce quartier à accueillir des entreprises, du béton, un pont et des voitures en grand nombre sur ce qu’il reste de terres nourricières.

Le quartier de La Cassine possède une richesse immense : il est proche du cœur de la ville et a pu, malgré les coupes sombres qui y ont été faites, conserver « un bout de nature et de terres nourricières »

Pourquoi ne pas imaginer conserver et valoriser ce patrimoine qui a traversé les temps ? Pourquoi vouloir détruire ces terres fertiles ? Comment, au XXI ème siècle, au regard de tous les constats de « gâchis environnementaux », peut on continuer à n’envisager la ville qu’en la vouant au béton et aux aléas des paris sur la « grandeur économique » ? Et la passerelle piétonne, attendue depuis plus d’un siècle, qui cherche à se transformer en un gigantesque ouvrage entièrement dédié au bruit, à la pollution et à la pétromobile… Et si on faisait Autrement ?

Sources : « Traces d’histoire » où Francine Glière a écrit un chapitre intitulé « La cassine entre ville et campagne »

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