Tout savoir sur la destruction des jardins de la Cassine

L’association Jardinons la Ville 73 s’associe aux jardiniers de la Cassine et au collectif ZAD Cassine pour dénoncer la destruction brutale, soudaine et confidentielle des jardins familiaux et communautaires de la Cassine ce mardi 3 février 2015, sur directive de Chambéry métropole, propriétaire des terrains. Mardi, des engins de travaux publics ont retourné la terre et les cultures. Plusieurs jardiniers et sympathisants s’affairaient à sauver de la destruction quelques plants, outils et objets personnels, sous l’oeil d’un cordon de sécurité d’une vingtaine de policiers. Cet hectare de terres est actuellement dévasté.

Ces jardins étaient cultivés depuis plusieurs générations par des maraîchers puis des jardiniers individuels. Ils étaient un lieu de vie et d’échanges, un espace d’agrément, en plus d’être un lieu de production alimentaire. Ils étaient également une formidable réserve de biodiversité et une zone refuge pour un grand nombre d’espèces animales, dont certaines sont protégées. Des arbres fruitiers, et fleurs et des massifs offraient une importante source de pollinisation : plutôt que de créer des « hôtels à insectes » artificiels (Chambéry magazine n°121 – février, mars, avril 2015), il suffirait à la ville de Chambéry de préserver les espaces naturels existants !

Pour justifier la destruction des jardins, Chambéry métropole
et la Ville de Chambéry avancent des arguments trompeurs

La pollution des sols ?

En janvier 2014, une étude de sol commanditée par la Ville de Chambéry (mandat B. Laclais) montre que les terres contiennent des métaux lourds.

De manière subite, le 3 février 2015, ce sujet est devenu une urgence à traiter. Nous avons réclamé à plusieurs reprise la publication de cette étude mais malgré nos requêtes, la ville et l’agglomération ont toujours refusé de nous la transmettre. Aucune information officielle et publique n’a été délivrée : seule notre association a informé tous les jardiniers de l’existence de cette étude par voie d’affichage. Sur le plan scientifique, les anayses conduites n’ont pas déterminé le degré de métaux lourds qui serait capté par les cultures, et donc l’impact sanitaire potentiel. Nous avons aussi présenté des solutions alternatives à la destruction que Chambéry métropole n’a pas pris le temps d’étudier.

La relocalisation à Lemenc ?

Chambéry métropole propose aux jardiniers une relocalisation sur des terrains nouvellement acquis par la Ville de Chambéry boulevard Lémenc.

Jardinons la Ville s’est toujours félicitée de la création de nouveaux espaces de jardinage en ville mais considère qu’il ne faut pas confondre création et déplacement. Dans le cas précis des jardins de la Cassine, il s’agit d’une « compensation » de 10 000m² par 4 000m² de terrain. A l’heure où des dizaines de foyers souhaitent cultiver leurs légumes cette « compensation » n’est pas une solution. Nous sommes favorables au maintien et à la multiplication des jardins familiaux et des espaces verts ; nous refusons toute destruction irréversible.

Le développement économique ?

Ce développement du secteur Cassine est présenté en vue de créer de nouveaux emplois ; mais c’est surtout une image et une vitrine concurrentielle de Grenoble et Annecy.

Les projets de développement économique ne manquent pas à l’échelle du bassin chambérien : les locaux de bureaux vides en cœur de ville non plus. Nous ne sommes pas opposés à la création d’activités économiques sur le secteur Cassine mais attirons l’attention sur les méfaits d’une ambition économique démesurée et aux effets d’un urbanisme monofonctionnel qui transformera le quartier en un lieu vide de sens et de vie. La ville c’est la diversité et la mixité. Ce qui fait son attractivité, c’est sa qualité de vie avant tout et, en ce sens, la présence de la nature en ville est largement plébiscitée par les habitants.

La concertation ?

A l’occasion de divers échanges avec Chambéry métropole, il nous a été dit que rien de concret concernant la dépollution n’était en cours.

Nous avions amorcé un dialogue avec Chambéry métropole depuis l’automne dernier. Les élus et techniciens en charge du dossier ont reçu des membres de notre association et nous avons, à cette occasion, pu exposer nos arguments en faveur du maintien (voire de l’évolution possible) des jardins. Nous leur avons fait part de notre motivation à vouloir intégrer des groupes de réflexion sur le devenir du quartier et de notre intérêt à être informés des démarches de dépollution envisagées pour les jardins.

La mobilisation continue

Nous avons alors demandé à Chambéry métropole de formaliser un contrat d’occupation à titre précaire des terres car il nous avait semblé important de ne pas les laisser gagner par la friche et de continuer, d’une certaine façon, à apporter un peu de vie dans ce quartier.

Notre dernier courrier en date 08/12/2014 est resté sans réponse et c’est avec beaucoup de consternation et une profonde tristesse, que nous avons été mis, mardi 3 février, devant le fait accompli. Nous sommes très déconcertés par la tournure qu’ont pris les évènements, par cette manière brutale et soudaine d’agir, sans aucune annonce préalable de la part de la collectivité publique, alors même qu’elle avait évoqué une possible concertation.

Aujourd’hui, Jardinons la Ville poursuit sa mobilisation pour que cet hectare de terre et bien d’autres encore s’affichent comme des lieux de nature, de culture et de richesse sociale.

Soutenez-nous ! Interpellez vos élus !

Association « Jardinons La Ville-73 »
http://www.jardinonslaville73.org – jardinonslaville73(at)riseup.net